La vague belge :
observation et réflexions d’un astronome amateur

Avant propos

Concernant la vague belge, on a tout vu, entendu et lu. Il est donc clair qu’un public non averti qui entend parler soudainement de choses étranges dans le ciel sera, dans un futur proche, plus sujet aux méprises caractérisées. Parmi les centaines de témoins de cette affaire, dont de nombreuses personnes dites plus « expérimentées », doit-t-on accorder un crédit particulier à celles qui connaissent davantage le ciel, à savoir les astronomes amateurs, les pilotes, les contrôleurs aériens, les gardes forestiers ? Par ailleurs, les astronomes amateurs sont-ils souvent témoins de choses qu’ils ne peuvent aisément expliquer ? Y a-t-il des recoupements « sans appel » dans les témoignages de certaines personnes appartenant à cette catégorie ?

Les faits

Cette observation se déroule durant l’hiver 1987-1988. A l’époque, âgé de 21 ans, j’effectue mon service militaire au camp Général Bastin à Stockem (Arlon, Belgique). Possédant un véhicule, j’ai pour habitude de regagner la caserne tous les dimanches soirs, à chaque fois vers minuit.
Ce soir-là, vers minuit donc, venant de la nationale N40 Neufchâteau-Arlon, agrave;, vers minuit donc, venant de la nationale N40 Neufchâteau-Arlon, je traverse le village de Stockem et arrive à la N83 Bouillon-Arlon. Le ciel est parfaitement dégagé et la Lune n’est pas visible. Je monte sur cette nationale en direction d’Arlon, je suis toujours au coeur du village de Stockem, le centre d’Arlon est face à moi, à 3 km. Roulant à 60-70 km/h, j’aperçois soudain à 10h et à une trentaine de degrés au dessus de l’horizon, trois carrés lumineux jaunes (je me souviens avoir été marqué par leurs angles parfaitement droits), alignés horizontalement et séparés l’un de l’autre par les mêmes écarts. L’ensemble, angulairement, ne mesure pas moins de 10°, soit vingt fois la pleine Lune ; c’est imposant !
Le PANI (phénomène aérien non identifié) avance lentement vers la droite (plein sud). Je sais parfaitement qu’il est très difficile d’estimer la distance d’un objet dont l’environnement n’offre pas de point de repère valable, mais mon sentiment (de par la taille apparente) est que celui-ci devait être assez proche, à environ 200/250 mètres de ma position initiale. Des éléments de base trigonométrique confirment cette impression, car la dimension de l’objet augmente assez vite au fur et à mesure de mon déplacement et je dois rapprocher ma tête du pare-brise pour continuer à l’apercevoir correctement. Intrigué par le fait que les lumières soient très intenses (rien à voir avec l’éclairage traditionnel des cockpits et fuselages des aéronefs conventionnels, hélicoptères de type Black Hawk ou autres connus), je décide après sept ou huit secondes d’observation de m’arrêter au plus vite sur le bord droit de la chaussée afin d’écouter si cet objet émet un quelconque bruit. A ce moment, il est presque à midi. Le temps de m’arrêter en « urgence », soit cinq à six secondes plus tard, je « saute » de mon véhicule et vois, au bout de deux ou trois secondes, disparaître l’objet, masqué soudain par un bosquet se trouvant sur ma droite. Je décide de traverser la chaussée pour augmenter mon angle d’observation... mais en vain. Une limite de propriété m’empêche alors de courir plus loin vers la gauche. De toute évidence, l’objet doit voler à très basse altitude. A cette heure tardive, le trafic routier est en léthargie et, à mon grand étonnement, je ne perçois pas le moindre bruit (le moteur de ma voiture est arrêté).
Cet objet, dans les premières secondes, me fait penser à un dirigeable (lenteur, genre de fenêtres - non pas des hublots -, silence) mais je ne distingue ni formes, ombres, contrastes, silhouettes sur aucuns des panneaux « translucides » d’un jaune parfaitement homogène. Je ne vois, même une fois à l’extérieur de mon véhicule, aucune forme discernable, même fantomatique. C’est précisément le caractère non conventionnel de cet « aéronef » qui me décide, avant même de rejoindre ma chambre dans le baraquement, à aller questionner un soldat installé dans la guérite du corps de garde. Cette guérite, traditionnellement en bois, est disposée de façon à ce que le planton regarde quasi dans la même direction que moi lors de mon observation. Je lui demande s’il est là depuis longtemps ? Il répond : « oui, et il fait froid, je vais bientôt passer la main » (il faut savoir qu’à cette époque les soldats montaient la garde pour une période de deux heures). Je lui demande ensuite s’il a vu quelque chose de particulier dans le ciel dans le dernier quart d’heure. Il me répond que non. J’obtiens la même réponse à la question de savoir s’il a entendu un bruit de moteur ou autre. Je lui explique ensuite mon observation particulière.
J’en conclus donc que l’objet est logiquement passé derrière lui.
J’hésite à reprendre mon véhicule pour le prendre en chasse et je pense que, vu le temps écoulé et la structuration rigide du réseau routier, c’est un peu comme retrouver une aiguille dans une botte de foin !
Cependant, troublé par cette observation, je choisis néanmoins de courir à ma voiture, je démarrer en trombe et parts à sa recherche. Je fais alors 7 à 8 km sur la N82 en direction de Virton, le long de la plaine militaire de Lagland, mais sans succès !
Toute ma vie, je regretterai de ne pas avoir, sans délai, pris en chasse cette chose intrigante. C’était de plus une bonne occasion pour le passionné de voiture que je suis de me « défouler » sur la route, chose que, j’avoue, j’affectionnais assez à cette époque. Cet aspect de mon tempérament m’interdisait de conduire après avoir consommé de l’alcool. J’étais donc en pleine possession de mes sens et réflexes les plus vifs au moment des faits. Mon esprit cartésien me fit supposer qu’il devait s’agir d’un engin militaire non conventionnel rentrant au bercail (éventuellement après des manoeuvres dans la plaine militaire de Lagland, et en survolant la dite plaine après mon observation).
Remarques : ce témoignage présente une lacune importante dans le fait que la date de l’observation fait défaut ; c’était un dimanche vers minuit, durant l’hiver 1987-1988. J’ai en effet perdu la feuille sur laquelle j’avais relaté les faits. C’est un argument de poids pour ceux qui voudront nier le bien-fondé de ce témoignage. En connaissance de cause, je pourrais sur base des éphémérides astronomiques et les bulletins de l’Institut Royal Météorologique inventer une date qui tienne la route. Je préfère avouer cette faiblesse que de recourir à ce genre de pratique. De plus, cela jouerait en défaveur d’une élucidation éventuelle. Enfin, je ne désespère pas de retrouver ce précieux document lors d’un rangement de mon grenier ou celui de mes parents.

Astronome, certes cartésien, mais non dépourvu d’esprit critique

Astronome amateur depuis l’âge de seize ans, je suis sans cesse plongé dans toutes les revues et les livres à caractère scientifique. A l’époque, je traque ardemment les pseudos-sciences et l’ufologie ne fait pas exception. Péché de jeunesse, je me délecte des émissions qui opposent hommes de sciences et ufologues et/ou témoins, dans l’espoir de voir ces « idiots, ignorants des lois élémentaires de physique » se faire ridiculiser publiquement. Jeune astronome amateur, je suis fier d’appartenir à cette communauté, fier du savoir accumulé.
En mai 1988, je crée un cercle d’astronomie qui, vingt-deux ans plus tard, s’apprête à inaugurer un nouvel observatoire accessible au public du pays. J’en suis toujours le président. Habitué aux choses classiques pouvant être confondues avec des PANIs, je « démonte et explique » régulièrement les nombreux cas que les gens (sachant mon engagement en astronomie) me présentent. Mon point fort en tant qu’astronome amateur est le pointage rapide des objets célestes à l’aide d’un télescope sans asservissement électronique.
Je précise ici ces choses non par vanité mais pour prouver ma connaissance du ciel et à quel point j’étais et reste au fait des arguments « traditionnellement » avancés par la communauté scientifique pour expliquer un PANI.
Fin 1989, lors de la vague belge, écoutant passivement les différents témoignages, je suis à l’époque convaincu qu’il s’agit (comme à l’accoutumée) d’une énième méprise avec l’un ou l’autre avion civil ou militaire.
En fin d’année 1991, j’assiste à une conférence au centre culturel de Libramont, donnée par Michel Bougard (Président de la SOBEPS), où j’interviens pendant les questions/réponses. Mon intervention porte sur l’évidence qu’il s’agit d’un engin technologiquement réalisable par des êtres humains, et rappelle (comme toujours) les difficultés physico-chimiques rendant quasi nulle la possibilité d’une visite par des extraterrestres. Un échange relativement opposé se met en place. Notre « altercation » ne s’arrête pas là, puisque quelques temps plus tard, je trouve utile de réagir au courrier des lecteurs du magazine Le Vif l’Express n° 2106, suite à un article sur le sujet (voir l'article en annexe).
Qui après cela, peut m’accuser d’être à la solde des ufologues et de la SOBEPS en particulier ?
Aujourd’hui, en 2010, et après avoir rencontré davantage de témoins et d’enquêteurs, je réitère mes propos, si ce n’est que je pense que les membres- piliers de la défunte SOBEPS ont fait un travail remarquable avec des moyens modestes dans le temps. Ils ont fait preuve d’un sens critique aigu (n’en déplaise à certains) et d’esprit scientifique ad hoc (des groupes « d’ufologues » toujours en place dans notre pays devraient en tirer des leçons...). Cela est vrai, même si d’irréductibles détracteurs ont épinglé des enquêteurs bénévoles ayant bâclé, faute de temps et de moyens, certains dossiers, au milieu de centaines d’autres à mener de front. A croire qu’aucun professionnel (donc rémunéré) d’aucune autre corporation ne commet d’erreurs dans son travail ; une autre affaire belge, l’Affaire Dutroux, en est une triste illustration. Et en France, il y a eu l’affaire du sang contaminé...

Le déclic

En 1994, lors d’une émission du Centre d’Action Laïque, diffusée à la RTBF, on assiste à une rétrospective de la fameuse vague belge. Je suis alors en visite chez les parents de ma future épouse. Heureux de pouvoir, via cette émission, me convaincre à nouveau du caractère hautement ridicule lié à l’interprétation de ces triangles, j’étais à cent lieues de penser que l’arroseur allait être arrosé !
En effet, lorsque survient la reconstitution par images de synthèse de l’observation du Lieutenant-Colonel A. Amond, je comprends, six ans plus tard, que « ses » panneaux jaunes et leurs mouvements de glissement horizontal, sont exactement (du moins pour cette phase) semblables à mon observation. La seule différence repose sur le fait qu’il n’y ait aucune lumière rougeâtre à la base et que je n’ai pas vu le triangle par la suite.
Ces carrés ne font pas partie de la conscience collective liée aux PANIs comme le sont d’autres formes plus classiques comme la soucoupe, le cigare, etc. Il était certain que M. Amond n’avait pu avoir écho de mon observation et que :
- l’explication de la « coïncidence » est un chemin d’élucidation facile à la frontière de la mauvaise foi ;
- le lien entre les panneaux et le triangle tout aussi intriguant (aux dires des témoins) cadrait parfaitement avec l’étrangeté de mon observation ;
- bon nombre des témoins de cette vague belge n’ont pas mal interprété leur observation en la classant dans le « non connu » de la société civile ;
- malgré mes convictions, je devais (et ce grâce à mon observation, et pour être honnête avec moi-même et les autres) me rendre à l’évidence qu’un ou des engins non conventionnels avaient bien survolé notre petit pays lors de cette vague. Et que tous les témoins et enquêteurs ne devaient pas être mis dans le même panier, ou tout au moins méritaient d’être écoutés avec la plus grande attention

Lettre aux astronomes

Passionné d’aviation, j’ai souvent observé les mouvements d’appareils comme les Boeing 747, notamment en bord de piste. Je puis vous assurer que, primo, lorsque le fuselage offre le même angle d’observation que « mon » PANI, les hublots sont en comparaison de taille ridiculement petites (je ne parle pas ici des avions cargo peu éclairés). Secundo, même avec le vent dans le dos, le bruit est hautement perceptible. Tertio, la luminosité émanant des hublots du fuselage est nettement plus pâle et ne présente pas une plage uniforme de lumière.
Je souhaite me pencher un instant sur « l’hypothèse oubliée », formulée (et reprise sur le site du COBEPS) par M. Renaud Leclet.
Pour rappel, celle-ci tente d’expliquer de nombreux PANIs de la vague belge par des méprises avec différents types d’hélicoptères. Le témoignage de M. A. Amond et concomitamment le mien, s’expliqueraient par le vol d’un Black Hawk. Ce travail a le mérite d’évoquer des voies d’élucidation et rencontre ainsi le souhait de tous les antagonistes.
Néanmoins, si je ne rejette pas à priori la solution militaire - d’autant que les faits de Stockem se déroulent, en partie, au-dessus d’une caserne - cette hypothèse est sujette à questionnements. Quelques considérations :
1°) les trois panneaux jaunes étaient séparés par des écarts (montants ?) égaux et les angles de ces carrés étaient droits et non arrondis ;
2°) M. A. Amond et moi-même n’avons distingué aucune nuance dans la luminosité des panneaux, ni observé la moindre silhouette d’un cockpit ;
3°) le plus invalidant réside dans la valeur angulaire du PANI (environ 10°) ; dès lors :
- soit le PANI est de la taille d’un hélicoptère, et donc trop proche pour ne pas être aisément audible (même avec un vent défavorable) ;
- soit il est trop distant pour être audible (ce qui implique alors que sa dimension absolue soit colossale !) ;
- soit les militaires utilisent depuis 22 ans au minimum, un dispositif qui annule partiellement les ondes sonores. Bien sûr, cette technologie existe mais n’est pas à ce jour connue comme applicable avec succès aux hélicoptères.
Si l’explication de la vague est celle des hélicoptères, elle devait nécessiter à cette époque l’emploi de technologies pour le moins avant-gardistes (sans oublier les vols stationnaires ou les accélérations fulgurantes rapportées par de nombreux témoins). Pourtant, rien ne filtre à ce jour, mis à part l’utilisation de l’un ou l’autre avion furtif ou drone.
A ma connaissance, personne n’a révélé ce genre de prouesses sur des terrains opérationnels comme ceux de la guerre du Golfe ou autres lieux. Ces appareils se seraient pourtant, selon l’analyse de M. R. Leclet, entraînés sur le territoire belge avant l’opération « Tempête du désert ».
Depuis cette observation durant l’hiver 1987-1988, j’ai passé des centaines de nuits dehors à scruter le ciel étoilé avec ou sans instrument d’observation, seul ou accompagné. Parmi les très nombreuses personnes que je rencontre dans mon travail de vulgarisation de promotion des sciences, nombreuses sont celles qui m’indiquent sur le champ ou me relatent leur(s) observation(s) étrange(s). Et comme la plupart d’autres collègues astronomes (amateurs ou professionnels), je pense pouvoir expliquer de manière rationnelle la très grande majorité des cas, à condition qu’ils soient assez francs et/ou relatés avec un minimum de précision. Je dois reconnaître que face à tous ces phénomènes qui nous sont familiers et qui constituent pour des personnes non averties un riche bestiaire de candidats PANIs, l’on aurait tendance à penser que tous les témoins tombent dans la méprise pure et simple.
N’ayant plus rien vu d’étrange depuis vingt-deux ans, si je n’avais pas eu la chance de vivre une telle observation - j’emploie le mot chance à dessein - , jamais sans doute, je n’aurai cru à 100% à une histoire comme celle-là, même si une tierce personne, astronome amateur, me l’avait confiée.
Et d’abord, un astronome amateur aurait-il osé en parler si facilement ? Contrairement à ce que l’on pense, deux de mes amis astronomes amateurs chevronnés m’ont confié séparément, en privé (voyant que j’en parlais ouvertement), et ce, après de nombreuses années, avoir vu ce fameux triangle.
Il est reconnu que les astronomes amateurs totalisent plus d’heures d’observation « sur le terrain » que les professionnels dont le travail est généralement plus théorique. Ils font partie effectivement, avec les pilotes et les contrôleurs aériens, des personnes les plus en « contact » avec le ciel. Néanmoins et sans vouloir vexer les astronomes amateurs, beaucoup d’entre eux, fiers de collaborer à des programmes de recherches scientifiques et/ou heureux d’une certaine reconnaissance des professionnels, ont peur (du ridicule et d’une relégation associée) de faire part d’une observation particulière.
Il en est de même pour beaucoup de professionnels qui m’ont déjà avoué que s’y intéresser officiellement, mettrait tout simplement leur carrière en péril. A noter que bon nombre de compagnies aériennes invitent leurs pilotes à ne pas trop faire écho de pareilles choses. La clientèle ferait-elle confiance à des pilotes qui voient des soucoupes et bientôt de petits hommes verts ?
Alors, eu égard à ces réalités sociales, il est facile d’affirmer que ceux qui regardent régulièrement le ciel, ne voient jamais rien. Il serait plus juste de dire qu’ils voient moins de choses, au vu de leur capacité d’identification, que le citoyen lambda, mais que par rapport à ce dernier, ils sont encore éminemment moins enclins à en parler publiquement.
Pour ma part, je souhaite être très clair à ce sujet. C’est l’honnêteté intellectuelle et la curiosité qui me poussent à en parler. Je ne suis ni un soucoupiste, ni un ultra sceptique. Lorsque l’on s’intéresse à la Science, il faut être aussi ouvert que critique. Il est vrai qu’avoir le courage de parler provoque chez autrui des réactions qui génèrent parfois des sentiments de révolte. Pour illustrer cela, je fus invité (suite à un appel à témoins) le 4 mars 2002 à l’émission « l’Ecran témoin » à la RTBF, consacrée aux OVNIs. Lors du maquillage, un astronome professionnel assit à mes cotés, et à qui je venais de relater cette observation, sachant que je suis astronome amateur depuis près de vingt ans, eut cette réaction méprisante : « attention, car parfois la Lune derrière les arbres peut provoquer des images particulières... » Ou encore, lors de mon passage à l’antenne, un autre professionnel ne sachant plus comment contre-argumenter dit « qu’il faut faire attention au reflet dans le pare-brise d’une voiture ! » C’est n’importe quoi ! En effet, comment expliquer qu’une image puisse se refléter à auteur des yeux dans un pare-brise ? Uniquement à cause de son inclinaison, si cette image provient de la surface du tableau de bord. Il est vrai que l’on ne fait confiance qu’à ses propres sens, et encore. D’où la difficulté de croire au témoignage d’une personne de confiance ; c’est dire.
Messieurs les sceptiques (dont je respecte et partage la volonté d’analyse critique), je ne vous demande pas de me dire que mon observation est de toute évidence un engin d’origine extraterrestre. Mais, que diable, pourquoi toujours et presque par principe nier ou mettre en doute la capacité d’observation des témoins ! Avec un brin d’humilité, l’on comprend que les connaissances scientifiques ne donnent pas la prérogative d’être capable d’apprécier et de juger de la véracité d’un phénomène. Il est probable qu’à la suite de cet article beaucoup argumenteront à mon propos que :
- parmi les astronomes amateurs tant mis en évidence pour leurs bonnes qualités d’appréciation en la matière, je suis (logiquement) un mauvais observateur. (Pour information, j’ai jusqu’à présent animé environ 153 stages avec observations du ciel et guidé plus d’une centaine de groupes avec ou sans instruments) ;
- ce n’est qu’un mensonge en vue d’une quelconque publicité. Même si cela ne présage rien, j’informe que dans une activité professionnelle antérieure à celle d’aujourd’hui, je fus le promoteur d’une requête motivée, à l’initiative d’une loi fédérale belge. Celle-ci déboucha sur le renforcement des sanctions pénales et à un meilleur contrôle (Car-Pass) concernant la répression des fraudes des compteurs kilométriques des véhicules d’occasion. Est-ce aimer la fraude ?
- je me prête à des conclusions hâtives en associant mon observation à celle du Lieutenant-Colonnel Amond. Il faut noter que je fis le rapport entre les deux observations immédiatement lors du visionnement de l’émission du Centre d’Action Laïque et que depuis, j’ai lu plusieurs rapports et me suis entretenu téléphoniquement pendant plus d’une heure avec M. Amond ;
- je suis un soucoupiste déguisé ou un astronome amateur converti. Voir l’article du Vif l’Express (en annexe) pour se convaincre du contraire. Ou alors, c’est très vicieux !
- je suis drogué, alcoolique ou sujet à d’autres assuétudes. Pas de commentaires.
- je suis un vaniteux. Si j’évoque certaines de mes actions, compétences ou qualités, ce n’est certainement pas pour une quelconque gloire, mais seulement en guise de garde-fous aux attaques que l’on va, ou pourrait, me faire pour nier la valeur de mon témoignage. Je trouve lamentable et triste que je sois, comme un coupable, obligé à me défendre de la sorte. Cette liste n’est sans doute pas assez exhaustive pour faire barrière. Les adeptes d’un nihilisme viscéral font preuve d’une imagination fertile qui n’a rien à envier à ceux qui sont mis sur la sellette pour avoir confondu la réalité d’un fait avec la science-fiction. Il suffit d’être un peu patient pour en avoir la preuve.
Qui va enfin comprendre que je souhaite rester ouvert tout en gardant mon esprit critique ? Juste motivé à faire simplement état de l’observation d’un engin non conventionnel et devenu très agacé par la mauvaise foi de ceux qui n’on rien vu mais qui ont tout à dire. Je ne suis pas un traître. Je comprends que celui qui observe le ciel depuis sa tendre enfance, qui a su déjouer tous les pièges des curiosités célestes, soit agacé et se sente obligé de mettre en doute le témoignage de ceux qui ont vu quelque chose. De même, je suis conscient que, venant d’un astronome amateur, ce genre d’histoire dérange ; d’où la très grande nécessité (pour certains) d’en faire un farfelu et/ou un homme à casser. Le plus important pour moi est d’avancer vers la vérité des faits observés, de la connaissance, et de pouvoir me regarder en face tous les matins dans mon miroir, et tant pis pour les justes penseurs. Je suis un astronome amateur motivé par cette merveilleuse Science, mais ne suis pas prêt à me taire sous la contrainte d’une quelconque menace, y compris vis-à-vis de mon cursus professionnel.
A la question souvent posée : « Croyez-vous aux OVNIs ? », je réponds : « lorsqu’on a vu, on ne croit plus ! »
Ce qui est néanmoins dommageable dans ce genre de témoignages, c’est que cela apporte de l’eau au moulin des gens qui font, sans sens critique, une religion des nombreux domaines ésotériques. L’ufologie est elle-même polluée par une grande majorité de gens malhonnêtes, naïfs, etc. J’ai visionné récemment un DVD de quatre heures, d’un vidéaste amateur convaincu d’avoir filmé durant plus d’un an, en 1991-92, les dits triangles dans la région de Charleroi : de simples avions en phase de décollage et d’atterrissage, à proximité de l’aéroport de Gosselies ! (Cela n’est en aucune mesure comparable à la teneur des récits des nombreux témoins que j’ai rencontrés !) Là aussi, il faut pouvoir faire la part des choses. C’est un peu comme en médecine. Il n’y a pas qu’une médecine, il y en a des centaines de part le monde. De l’allopathie en passant par l’homéopathie, l’acupuncture, les marabouts, les fameux chirurgiens qui opéraient sans inciser aux Philippines, etc. Ce n’est pas une raison valable pour dénigrer et ridiculiser son médecin de famille. Là, on fait l’effort (car sa santé c’est important) de faire ce que l’on devrait faire dans de très nombreux domaine : la part des choses ! C’est à la portée des Justes.
Si sur mille observations de PANIs il en résulte que neuf cent nonante neuf soient sans intérêt, le fait qu’une seule reste suffisamment étayée et inexplicable justifie pleinement qu’on s’y intéresse avec respect. Juger dans son salon, sans rencontrer les témoins et se fiant à son seul savoir théorique est un peu court. Celui qui agit comme cela en se rangeant du coté des scientifiques, ne fait pas de la science et ne fait pas honneur aux hommes et femmes qui, de par leur ouverture d’esprit et sens critique (contenu), ont bâti le savoir.
Doit-on éternellement rester dans le clivage opposant des soucoupistes convaincus à des sceptiques de mauvaise foi ? Qu’il leur en déplaise, mais ce sont tous des croyants enclavés dans des certitudes ... C’est leur religion à eux.
Certains cas, dont notamment bon nombre de témoignages de la vague belge qui se recoupent, mettent en exergue qu’un ou des objets non conventionnels aient effectivement survolé une partie du royaume. J’en suis convaincu pour plusieurs raisons. Primo, je fus le témoin de cette vague et secundo, ma curiosité m’a poussé à me documenter largement et rencontrer des témoins particuliers dont j’ai pu retrouver la trace grâce à des données publiées dans VOB 1 et 2. Certains récits de gens « ordinaires, voire discrets » ne laissent pas de place au doute.
Déplacez-vous jusqu’à eux, mettez-les en confiance et écoutez leurs récits. Ensuite, dites leurs entre quatre yeux que leur observation s’explique par des aéronefs, phénomènes atmosphériques, ou astronomiques connus genre Awacs, F117, dirigeables, hélicoptères, nuages lenticulaires, noctulescents, planètes ou météores, et vous devrez vous encourir très vite à travers la campagne avec une fourche à vos trousses ! Ceux-là en ont ras-le-bol d’être systématiquement pris pour des idiots ou les proies faciles d’effets psychosociologiques. Il est grand temps de ne plus leur manquer de respect.
Vingt ans plus tard, ce que j’ai vu, et ce qu’ils ont vu également, susciterait encore le même étonnement. La première voie logique et rassurante d’exploration se dirige vers des appareils, sans doute militaires (budget oblige), qui utilisent un mode de déplacement et de furtivité dont on ne connaît rien officiellement. Les pistes spéculées proposent une technologie MHD et/ou nucléaire. Si nous ne pouvons le confirmer, d’autres voies sont à explorer.
Ridiculiser systématiquement les témoins et opérer une sorte de harcèlement moral qui conduit au déni et/ou à la rétention d’informations, peuvent avoir des conséquences graves en terme de santé publique. Comment et pourquoi ? Nul ne peut ignorer qu’un (autre) débat passionné s’est engagé sur la nocivité ou non des systèmes de téléphones cellulaires. Chacun d’entre-nous souhaite néanmoins obtenir une bonne couverture du réseau. Egoïstement, chacun préfère pourtant, par l’application du principe de précaution, que le relais soit plutôt érigé... dans le quartier voisin !
Tant que l’on ignorera certains faits révélés (même s’ils sont furtifs), on permettra tacitement le déplacement (qui plus est, à très basse altitude) en toute impunité, d’engins dont on ne sait rien sur le mode de propulsion. Ce n’est pas être paranoïaque que d’envisager la possibilité d’un mode de propulsion émettant des radiations nocives pour la santé.
Certains PANIs doivent sortir d’un débat passionné et stérile pour devenir un vrai sujet de santé publique. Discréditer systématiquement doit alors être confortable pour ceux qui utilisent cette technologie. Bien sûr, ce genre de position va me cataloguer à jamais dans le camp de l’adepte du grand complot à la sauce Roswell, avec une pointe d’Aire 51. A nouveau, pour moi, le plus important est de traiter le sujet en mon âme et conscience.

Conclusion

Il faut crier haut et fort que des gens de terrain ont vu des choses anormales, non conventionnelles, dans le cadre de la vague belge. Qu’ils corroborent, cautionnent la véracité d’un nombre important de témoignages qui émanent de citoyens non avertis.
Il faut souligner avec force que les opposants qui ont habilement bâtis leurs argumentaires sur le fait que les plus expérimentés (auxquels appartiennent les astronomes amateurs) ne voient jamais rien d’étrange, se trompent fortement.
Certains diront que mon échantillonnage n’est pas assez large pour conclure de la sorte. Une enquête garantissant le plus strict anonymat sous contrôle d’un huissier de Justice serait éclairante sur la question.
Il faut aussi savoir que la rareté et la furtivité des éléments de cette vague, que l’expérience mais aussi la proportion des astronomes amateurs dans la population, font que ces atsronomes amateurs qui ont vu ces choses « bizarres » soient peu nombreux. S’ajoute à cela, la peur d’en parler. Cette crainte est de loin supérieure à celle qu’éprouvent déjà les citoyens lambda. L’histoire chaotique de l’ufologie, le charlatanisme souvent associé et le manque de rigueur de certains, qui s’autoproclament ufologues, ont apporté sur un plateau d’argent l’épée de Damoclès qui menace l’ensemble de la nébuleuse ufologique. A force de crier au loup... Comme dans toutes communautés, il est de bon ton d’épingler ceux et celles qui essayent de travailler avec passion et rigueur dans un domaine où, par définition, les preuves matérielles sont quasi inexistantes et où les éléments de preuves sont systématiquement contestés.
Il est temps que le monde scientifique et politique accorde un minimum d’intérêt et de moyens à l’étude des PANIs. La poignée de scientifiques qui travaillent depuis plus de dix ans à Hessdallen en Norvège (où surviennent des phénomènes pourtant beaucoup moins spectaculaires et « riches » que la vague belge) en est un bon exemple.
Quelle que soit l’origine des engins non conventionnels qui évoluèrent, leur réalité ne peut plus être ignorée. Ils représentent indéniablement un sujet interpellant, notamment en terme de santé publique et de contrôle de l’espace aérien. Cela justifie pleinement de traiter cette question avec la rigueur et l’ouverture qui s’imposent. J’ai l’intime conviction que l’avenir donnera raison à ce changement d’attitude tant attendu.
Pour ma part donc, et concernant la vague belge, aucune personne objective et bien informée ne peut plus nier la présence d’un objet triangulaire aux caractéristiques régulièrement décrites. L’attitude inverse justifiée par le fait qu’il y eu (ce qui semble inévitable) des confusions est ... irrationnelle ! A cette époque, la piste la moins tortueuse expliquant cette masse imposante, son silence quasi absolu, et sa capacité de vol stationnaire fut celle de quelque chose de plus léger que l’air. Néanmoins, il reste difficile d’expliquer ses accélérations inouïes, et son observation parfaitement statique (parfois semi diurne) lors des tempêtes qui secouèrent la Belgique en janvier 1990 ! Les explications proposées ne sont pas très plausibles, pas plus que celles du F117 ou des hélicoptères (comme celles qui tentent de mettre à mal l’observation de M. A. Amond).
Enfin, je vous invite vivement à lire en annexe (l'article du 28/11/2009 signé par Pierre Vassart), journaliste au quotidien Le Soir. Comme lui, mon scepticisme sur le sujet en a pris un coup et, comme lui, en tant que témoin, je partage souvent l’agacement des sarcasmes. Il n’y a pas pire sourd... que celui qui n’a rien vu !
Toute la question s’articule autour de la validation des preuves. L’étrange nature humaine ne donne-t-elle pas, dans le domaine de la Justice, une place importante à la seule parole d’un témoin, qu’il soit oculaire ou non ? Oh, bien sûr la Science n’est pas le Droit. Mais alors, à qui et à quoi la Science accorde-t-elle « le droit » de savoir ou d’avoir vu ? Je n’ai jamais vu l’atome primitif, mais j’accorde une oreille attentive et respectueuse à ceux qui affirment détenir la preuve de son existence. Beaucoup de conflits humains, de désaccords idéologiques ont, pour principale cause, la non réciprocité. A méditer !
Conclusion de la conclusion : 400 ans après Galilée, y a-t-il eu une réelle révolution ?

Giles ROBERT, à titre privé (*)
(*) Licencié en sciences politiques, éonomiques et sociales, U.C.L., président-fondateur d'Astronomie Centre Ardenne et promoteur de l'Observatoire Centre Ardenne


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